Technique de l’enluminure

Dans cet art sacré ou profane, les styles varient suivant les époques. Ainsi, du 6ème au 8ème siècle on parle du style celte ou insulaire. Du 9ème au 10ème siècle, ce fut celui du style Carolingien. Le style roman surgit du 11ème au 12ème siècle puis vint le gothique primitif du 13ème au 14ème siècle suivi du gothique au 15ème siècle. Enfin, ce fut les enluminures italiennes au 15ème siècle.

Pour aborder le travail de l’enluminure, plusieurs étapes sont nécessaires, toutes aussi importantes les unes des autres.

parchemin

Le parchemin

A l’époque médiévale, l’enlumineur travaillait sur du parchemin issu de la peau d’animal. Celle-ci pouvait être de chèvre ou de mouton mais c’est la peau de veau qui, de par sa finesse et sa solidité était la plus appréciée des artistes.

De nos jours, ce support doit être tendu sur une planche de bois, l’ayant préalablement humidifié et le faisant tenir par agrafes ou clous. Une fois séchée, cette peau doit être légèrement poncée.

 Dessin sur parchemin

Après avoir fait une copie du motif à l’aide d’un papier calque, l’enlumineur réalise le tracé au crayon. Au fils des siècles, celui-ci utilisa une pointe de plomb pour ne pas marquer le parchemin. De nos jours, un certain type de matériel peut être utilisé sans être en porte à faux avec la tradition.

Vient ensuite la reprise du dessin à l’encre (base de noir de fumée, de suie ou de noix de galle) avec une plume fine ou un pinceau très fin. Ces repères seront le fil directeur pour l’ensemble du travail.

Pose de l’assiette

Sur les zones à dorer, l’enlumineur pose un enduit ou une assiette à dorer composée de plâtre de colle de poisson ou de peau de lapin. Cet enduit appelé aussi « gesso » est teinté en rouge avec du bol d’arménie. En soufflant légèrement sur cet enduit, on dépose suffisamment de vapeur d’eau pour faire adhérer de la feuille d’or sur la colle du « gesso ».

L’or est posé en premier pour éviter que des paillettes ne viennent se coller sur la peinture.

Le travail final pour la dorure consiste à polir ou brunir l’or à l’aide d’une pierre d’agate ;  ce polissage est minutieux et demande du calme pour ne pas détruire le travail déjà entrepris.

liant

Les liants

L’œuf est une matière très prisée et, en enluminure, certains utiliseront le jaune tandis que d’autres utiliseront le blanc pour appliquer les pigments.

La gomme arabique est elle aussi comme dans l’antiquité additionnée aux couleurs naturelles, végétales ou animales. Mais, elle a l’inconvénient de faire craqueler la peinture si on ne la dilue pas assez.

L’eau de miel, la colle de poisson, le fiel de bœuf sont d’autres produits qui peuvent être ajoutés à différents composants faisant ainsi office de liant.

Avant la pose de la couleur, il faut donc fabriquer ses propres liants dont certains se conserveront à plus ou moins long terme. Sur une plaque de verre ou de marbre, les liants et les pigments sont broyés à l’aide d’une molette et seront ensuite conservés dans des coquillages.

pose-des-couleurs

 Pose des couleurs

On applique une sous couche de blanc de plomb avant d’appliquer les couleurs.

Les pigments préparés avec un liant au blanc d’œuf mélangé avec de la gomme arabique et un peu de miel sont posés en couches légères translucides en terminant par des tons foncés.

Ce savoir faire de la manipulation de la couleur reprend des techniques anciennes.

La dernière étape consiste à cerner les formes d’un trait noir avant de réaliser les rehauts avec du blanc de plomb.

Recette du liant

Mélangez

8 parts de gomme arabique (ou de cerisier)

8 parts de glaire de blanc d’œuf battu en neige qui a reposé une nuit

2 parts d’eau de miel

1 goutte de vinaigre ou d’essence de clou de girofle comme conservateur

Les pigments utilisés au moyen âge (liste non exhaustive)

Bleu : lapis-lazulli, indigo, azurite, oxyde de cobalt…

Blanc : céruse (carbonate de plomb)

Jaune : orpiment, ocre jaune, jaune de naples, safran

Violet : crozophora tinctoria, cochenille, racine de garance, bois du brésil

Rouge : crozophora tinctoria, ocre rouge, cinabre (sulfure de mercure)

Vert : vert de gris, vert de vessie, argile verte

Brun : terre de sienne, terre d’ombre

Noir : sépia, noir de fumée

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s